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mercredi 31 mars 2004 |
207. Quand je me déplace tout seul |
De plus en plus souvent, je me déplace tout seul. Bon, O.K., je sais, Marie-Anne et mes parents doivent souvent insister. Mais bon, ça m’arrive.
Hier, alors que papa était occupé à poster l’histoire toute fraîche du poisson « impertinente » sur internet, j’ai exprimé l’envie de le rejoindre au sortir du bain.
Atteindre son bureau dans la pièce voisine, c’est le parcours du combattant : - une fois entré dans la pièce, faut avancer, contourner l’échelle qui mène au lit de maman et papa (virage 90° gauche), - re-contourner le bureau sans me prendre les pieds dans les câbles ni les appareils dans la figure (l’imprimante) (à nouveau 90° gauche puis tout de suite 90° droite) - Et re-virage à 90 degrés droite …pour enfin être dans ses bras.
Et bien, figurez-vous que j’fais ce trajet tout seul et de mémoire, s’iou-plaît ! J’ai de moins en moins besoin de toucher les obstacle, même qu’hier, j’lai fait sans rien toucher.
L’espace du bureau de papa, n’est que ce chemin que je connais. Papa m’a bien fait toucher le toit pour me faire comprendre qu’après c’est le ciel, mais sinon, je ne connais rien de cette pièce puisque je ne l’ai jamais explorée. C’est un peu comme la seconde photo ci-dessous selon ma perception. Mais soit.
Toujours est-il qu’hier, il m’a expliqué qu’il en avait marre de travailler et qu’il prenait cinq minutes pour raconter l’histoire du bain à tous ceux qui lisent mes aventures sur internet. J’lai donc accompagné, à califourchon pendant que je l’entendais dactylographier le texte et « mettre en ligne » (P.S. : chai pas c’que ça veut dire, mais j’sais que c’est du travail). On était bien tous les deux.
Quand il a eu fini, maman nous a appelé pour le repas. Evidemment, imaginez un peu, moi j’étais pas d’accord, puis j’voulais encore entendre la soufflerie de l’ordinateur. Papa a du beaucoup insister, m’amener jusqu’au escalier pour descendre, mais là j’ai refusé de l’accompagner. Il m’a alors dit qu’il descendait et que j’avais qu’à le rejoindre (je descend et monte souvent les escaliers tout seul, c’est fastoche pour moi (cfr. articles 111 et 112)
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Quand il était en bas, j’lai appelé : « Dis papa, j’vais dans ton bureau, hein ! … A tout de suite mon papa ! »
Au bout de cinq minutes (sans doute qu’ils s’inquiétaient), maman est monté voir. Et bien j’avais refermé la porte et m’était à nouveau rendu tout seul jusqu’au bureau de papa où j’attendais…
photo:
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Par Bèrlebus,
à 18:52 :: Un monde à moi
:: #237
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mercredi 10 mars 2004 |
192. Ma perception (7) : La résonance des sons. |
Pour clore cette série d'articles sur ma perception, saviez-vous que l'acoustique d'une pièce me renseigne sur son volume ? C'est un fait connu : il suffit à certains aveugles adultes de frapper dans leur main pour pouvoir déterminer avec précision si une pièce est grande ou petite, chargée de meubles ou dépouillée, avec des matières "chaudes" (tapis, rideaux, bois...) ou "froides" (pierre, vitre...)). Bon, O.K., j'en suis pas là, loin s'en faut, il n'empêche que sans y réfléchir, je suis capable de reconnaître un lieu clos d'un lieu ouvert. Même que d'ailleurs, lorsque chui dans une grande salle, comme l'autre jour au musée, j'm'amuse à lancer des sons pour le plaisir d'entendre sa réverbération. Une fois encore, surprenez-vous en faisant le test : fermez les yeux dans différentes pièces de votre habitation, vous "verrez" ! Vous ne faites plus attention à cela, parce que votre vue vous donne avec facilité tous ces renseignements. De la même manière, si vous parlez face à un mur, le retour du son sera tout autre en fonction que vous soyez à deux mètres, un mètre ou trente centimètres de la distance. Enfin, un autre test amusant, c'est d'écouter quelqu'un sans le regarder (les yeux fermés ou dos à lui). Demandez-lui de vous parler tantôt en vous regardant, tantôt en se tournant lui-même vers sa droite, sa gauche ou carrément dos à vous. Vous entendrez une différence flagrante qui vous permettra instantanément de savoir si la personne s'adresse à vous ou pas. Ben oui, nous les aveugles, on est capable de détecter un tas de choses comme cela avec notre ouïe. Même qu'il m'arrive souvent de "m'échapper" d'une conversation, tout simplement parce qu'un son auquel vous ne faites plus attention a attiré mon attention : un pigeon dehors, une cloche, une sirène... |
Par Bèrlebus,
à 16:59 :: Un monde à moi
:: #220
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lundi 8 mars 2004 |
190. Ma perception (5) : Radio |
Je vous propose, dans cet article, un petit jeu interactif, un jeu de l'esprit : VOUS mettre à MA place ! (c'est un jeu auquel papa se prête souvent et il trouve cela génial à faire). Ben oui, z'avez probablement jamais essayé, alors c'est l'occase.
Au moment où je vous le dirai, fermez les yeux (pas avant, sinon vous pourrez plus le lire - ou alors faites une pause !). Oubliez le "Home-cinéma-Imax-archiscope" de votre vue et branchez-vous sur votre "Dolby-super-THX-méga-digital surround" made in vos oreilles.
Tentez d'oublier vos impressions et appréciations construites sur ces images incontournables et fascinantes qui monopolisent en permanence le système de votre disque dur. Dites-vous que ce film qui défile devant vos yeux n'existe plus. Imaginez qu'à la place, vous n'ayez que le son comme unique référence de l'histoire qui se déroule tout autour de vous. Ecoutez le moindre bruit qui vous entoure : ceux qui concernent votre activité du moment et les bruits extérieurs. Interprétez chaque son, décodez-le, séparez-le de la même manière qu'avec votre vue vous regarderiez attentivement un feu rouge à un carrefour (le reste des choses se passant sous votre vision étant ignorées) : écoutez (par exemple) le bruit du ventilateur de votre ordinateur, l'animal au dehors qui crie, un véhicule qui passe au loin, un avion, la vie dans votre maison ou dans l'appartement voisin, ...ou le silence qui n'en est pas un. Cela devient votre référence, LA référence (en l'absence du toucher).
- Si vous le voulez bien, essayez maintenant avant de poursuivre la lecture -
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Par Bèrlebus,
à 16:56 :: Un monde à moi
:: #218
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